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10 novembre 2016 : Des expositions internationales aux biennales. Propositions pour une lecture spatiale d’un phénomène mondial et local. Tatiana Debroux, IHMC

by Béatrice Joyeux-Prunel

 En 1895, la ville de Venise accueillait la première « biennale » de l’histoire, une exposition d’art calquée sur le modèle des grandes expositions internationales alors très en vogue. La Biennale de Venise, tout comme ses inspiratrices, proposait aux visiteurs de découvrir le contenu de l’exposition sur un vaste site qui allait être spécifiquement aménagé pour attirer et accueillir œuvres, artistes et visiteurs.

Si Venise constitue sans nul doute une exception dans le paysage contemporain des biennales d’art, du fait de sa longévité et de son mode d’organisation particulier, elle propose néanmoins des pistes de réflexion intéressantes sur les enjeux spatiaux associés à l’organisation de grandes expositions internationales aux XXe et XXIe siècles.

Le thème des biennales peut en effet se décliner de multiples manières en prenant l’espace comme grille d’analyse. L’entrée la plus évidente est celle des circulations internationales organisées vers et entre ces événements, qu’il s’agisse des œuvres, des acteurs du monde de l’art ou du public.

Par ailleurs, si l’histoire des biennales est communément associée à l’affirmation des « Suds » sur le marché et la carte de l’art (échelle mondiale), le phénomène des grandes expositions pérennes est moins souvent étudié pour son inscription dans des stratégies de (re)développement urbain (échelle locale). Qu’il s’agisse d’ensembles régionaux ou de villes, l’organisation de biennales s’est pourtant inscrite dans des enjeux d’affirmation d’espaces et de lieux qui ont pris différentes formes au cours de l’histoire et qui coïncident aujourd’hui avec des stratégies de redéveloppement économique des villes par la culture.

Une lecture spatiale des biennales, à différentes échelles, permet donc de replacer ce phénomène au sein d’enjeux artistiques, politiques et urbains locaux, nationaux et internationaux, qui modèlent à leur tour le devenir de telles manifestations.

Tatiana Debroux est Postdoc à l’Institut d’Histoire moderne et contemporaine, Ecole normale supérieure Paris. 

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